Chaque année a lieu la mythique course Morat-Fribourg. La veille du départ officiel, des enfants s’élancent à Fribourg pour vivre leur propre défi.

Alors que les coureur.euse.s de la course principale reposent leurs jambes avant la grande épreuve, une toute autre ambiance anime le centre-ville : une foule d’enfants fait « son » Morat-Fribourg.

Le Mini Morat-Fribourg, c’est quoi ?

Le parcours officiel, connu pour son tracé historique de 17 km reliant les deux villes, existe depuis plus de 90 ans. D’autres versions se sont développées au fil des années, répondant à une demande grandissante et inclusive.

Parmi elles, le Mini Morat-Fribourg, qui compte plusieurs formats, dont celui destiné aux enfants de 6 à 15 ans avec des parcours allant de 550 m à 2,7 km. Des écoles et certaines communes soutiennent la participation. Pour Spectrum, huit mini-coureur.euse.s de 6 à 10 ans racontent leur aventure.

Derrière chaque dossard, une histoire différente.

Mini-coureur.euse.s, grandes motivations

Si le plaisir de courir est partagé « parce que ça me donne du plaisir de courir », dit Elsa (10 ans), d’autres motivations s’y ajoutent. Arya (8 ans) voulait le faire depuis longtemps : « bon, allez, j’ai envie de le faire, je demande à maman ! »

Salomé (9 ans) confie qu’elle « court assez vite et qu’elle est assez bonne en course à pied ». Cédric (9 ans) a voulu courir pour essayer de gagner, alors que Nola et Timéo (6 ans) étaient motivés par la participation d’autres enfants. « J’aime bien courir et j’aime mes cousines », ajoute Nola.

Le cœur de la course

Avant le grand départ, c’est un mélange de hâte, d’excitation et de stress que ressentent les enfants.

« J’avais trop hâte avant, je me suis sentie très bien en courant, pas de point, j’avais rien, trop bien ! », raconte Anaïs (8 ans). Excitée au départ, Arya s’est sentie « bien et mal » pendant la course, car elle a eu de la peine à respirer : « au départ c’était facile, mais à la fin pas trop trop. J’étais fatiguée. »

Elsa a senti ses jambes fatiguées et a eu un point assez vite. Nola s’est arrêtée un moment, et Timéo, lui, « a senti son cœur battre ». Cela ne l’a pas empêché de « dépasser tout le monde ! »

Gabriel (7 ans) avait froid au début, ensuite il « arrivait moyen à respirer », mais se sentait bien. Salomé raconte : « à la fin, j’ai entendu une maman de quelqu’un dire “allez, c’est la fin, sprinte !” alors j’ai fait le sprint final ! »

L’arrivée, grande fierté

Finalement, c’est la fierté qui ressort principalement. « J’étais fièr.e de moi », disent Gabriel et Anaïs. Arya, quant à elle, était contente d’avoir pu finir le parcours. Salomé était un peu déçue de son classement, même si elle restait fière d’elle.

Cédric était soulagé d’avoir couru et content d’apprendre son résultat. C’était plutôt long pour lui, alors que « c’était plutôt court, j’aurais pu courir plus », dit Nola. Timéo ne sait pas la distance parcourue, mais connaît son classement, qu’il dit fièrement !

Elsa raconte : « j’étais heureuse parce que j’étais avec ma meilleure amie. C’était cool, il y avait plusieurs personnes que je connaissais qui m’encourageaient, et du coup ça m’a donné du courage. » Nola, elle aussi, a apprécié les encouragements de sa famille.

Mini-récit

Anaïs a couru avec sa meilleure amie. Sans le savoir, elle a appliqué une stratégie que bien des adultes peinent à maîtriser : le negative split. Elle le raconte tout naturellement : « d’abord on est allées doucement, puis quand tout le monde était fatigué, on a fait notre sprint, et du coup on est arrivées assez en avance. C’était trop bien ! »

« J’adore le Mini Morat-Fribourg, c’est du sport, ça apporte de la joie. » Elsa, 10 ans

Mini-coureur.euse.s, grands projets

Tou.te.s veulent revenir. Anaïs sera sans aucun doute sur la ligne de départ : « j’ai tout aimé. Oui, oui, oui, clairement, clairement, clai-re-ment, parce que c’est trop bien ! »

On pourra aussi compter sur Elsa : « j’ai très envie de refaire la course parce que j’adore courir. Je sais pas, j’adore le Mini Morat-Fribourg, c’est du sport, ça apporte de la joie. » Cédric sera là pour essayer de s’améliorer, et Arya veut courir à nouveau : elle a bien aimé le faire, même si c’était difficile.

L’aventure en un seul mot

« Génial », « incroyable », « adoré », « challenge » … et « TROP BIEN ! », s’exclame Timéo, l’un des plus jeunes participant.e.s.

Texte et image : Laetitia Jacquemet-Boillat