Le ski alpinisme a fait son entrée aux Jeux olympiques lors des jeux de Milan-Cortina qui se sont déroulés du 6 au 22 février 2026.

L’entrée aux Jeux olympiques montre une vraie évolution du ski alpinisme. De sport de loisir peu connu et peu répandu, il devient une discipline olympique. Cette nouveauté donnera plus de visibilité à ce sport et augmentera certainement encore le nombre de pratiquant·e·s.

Ski de randonnée ou ski alpinisme ?

Les deux noms désignent le même sport. Le ski de randonnée existe depuis longtemps et est pratiqué comme loisir. À l’inverse, le ski alpinisme se développe vraiment depuis une trentaine d’années et est plus orienté vers la compétition.

Le ski de randonnée apparaît dans les pays scandinaves. Au début, de vraies peaux de phoques étaient collées sous les skis pour pouvoir remonter les pentes sans glisser. Elles ont depuis été remplacées par des peaux synthétiques, même si le nom est resté. Le ski de randonnée connaît un premier essor au XIXème siècle, lorsque la bourgeoisie développe un intérêt pour la montagne et les sports qui s’y pratiquent. Cet engouement se poursuit jusque dans les années 1930 qui voient l’apparition des remontées mécaniques. En effet, avant leur invention, le ski de randonnée était la seule manière d’aller skier. Le sport connaît un second essor durant l’hiver 2020-2021, en partie en conséquence du confinement et du besoin de sortir qui a suivi. Le nombre de pratiquant·e·s du ski de randonnée n’a fait qu’augmenter depuis.

Le ski alpinisme comme sport de compétition commence à se développer dans les années 90.  Les premières compétitions nationales et internationales ont lieu entre les années 1990 et 2000. Le ski alpinisme est devenu une discipline olympique lors des Jeux de Milan-Cortina, son évolution est ainsi confirmée.

Les Jeux olympiques

Après une première participation aux Jeux olympiques d’hiver de la jeunesse à Lausanne en 2020, le ski alpinisme fait cette année son entrée aux Jeux olympiques réguliers.

Les épreuves de ski alpinisme ont été réparties sur deux jours : les parcours de sprint masculin et féminin le 19 février et le relais mixte le 21 février. Toutes les épreuves ont eu lieu à Bormio, dans la Valtelline.

L’épreuve de sprint est courte (environ trois minutes et trente secondes) et comprend une montée et une descente ainsi qu’une partie à pied avec les skis sur le dos. L’épreuve de relais mixte est plus longue (de 25 à 30 minutes), elle se compose d’un homme et d’une femme et comprend une boucle de deux montées, deux descentes et d’une partie à pied avec les skis sur le dos.

Quatre athlètes ont représenté la Suisse à Milan-Cortina : Marianne Fatton, Caroline Ulrich, Jon Kistler et Arno Lietha. La Suisse pouvait espérer une ou plusieurs médailles lors de ces Jeux et cela s’est confirmé. En effet, Marianne Fatton, actuelle championne suisse, a remporté la médaille d’or à l’épreuve de sprint. Elle est ainsi devenue la première championne olympique de la discipline. Lors de l’épreuve de relais mixte, le binôme formé par Marianne Fatton et Jon Kistler est arrivé deuxième et a donc remporté la médaille d’argent. Avec ses médailles, la Suisse confirme son statut de nation importante dans le domaine du ski alpinisme.

Marianne Fatton et Jon Kistler lors de la remise des médailles des J.O.

La Patrouille des Glaciers

Un autre événement important pour le ski alpinisme sera la 41e édition de la Patrouille des Glaciers. Elle aura lieu en Valais du 13 au 19 avril 2026. Chaque patrouille, composée de trois personnes, a le choix entre deux parcours : la course Z allant de Zermatt à Verbier et la course A allant d’Arolla à Verbier. Les participant·e·s suivent un tracé de la Haute Route qui traverse une partie des Alpes suisses en hiver.

La Patrouille des Glaciers a été créée en 1943 par l’armée suisse et était réservée aux militaires. Après une interruption en 1949 à la suite d’un accident mortel, elle reprend en 1983 et s’ouvre aux civils. La Patrouille des Glaciers connaît depuis lors un véritable succès. La dernière édition, ayant eu lieu en 2024, a été marquée par un nombre record de participation avec 1647 patrouilles inscrites.

L’édition de cette année connaîtra certainement le même succès et les suivantes peut-être même davantage grâce à l’impact des Jeux olympiques de Milan-Cortina. Une chose est sûre : le ski alpinisme a encore de beaux jours devant lui.

Texte : Céline Biselx

Photo : Club Alpin Suisse