Neuf vies perdues dans la neige de l’Oural en 1959 : l’affaire Dyatlov reste l’un des plus grands mystères du XXe siècle.

Au début de l’année 1959, un groupe de dix étudiants passionnés de randonnée se forme pour entreprendre une expédition dans le nord de l’Oural en Russie. L’objectif est d’atteindre le Mont Otorten à travers une région réputée pour ses conditions extrêmes. Quelques semaines plus tard, leurs corps seront retrouvés dans des circonstances si étranges qu’encore aujourd’hui cette tragédie demeure un mystère national.

La tente telle qu’elle a été trouvée sur le camp abandonné le 26 février 1959.

Une expédition dans l’enfer blanc

Le groupe, composé de huit hommes et deux femmes, part le 25 janvier 1959 pour une traversée difficile sous des températures descendant à -40°C. Tous les membres étaient expérimentés et habitués à ce climat. Leur itinéraire a pu être retracé grâce aux journaux dans lesquels ils ont documenté leur expédition. Trois jours après le départ, l’un des hommes du groupe tombe malade et fini par rentrer laissant ses compagnons finir l’excursion, sans lui. Le 1er février, les conditions météorologiques se détériorent alors qu’ils commencent à traverser le col. De violents blizzards réduisent la visibilité et font dériver les randonneurs vers l’ouest, où ils atteignent le Mont Kholat Syakhl, ironiquement nommé “la montagne de la mort”. Réalisant leur erreur, ils prennent l’étrange décision de camper sur le flanc exposé de la montagne plutôt qu’à l’abri dans un bois proche. Il s’agit de la dernière trace de vie connue du groupe.

Les secours face à l’inexplicable

Après plusieurs jours sans nouvelles, les proches des randonneurs commencent à s’inquiéter et une équipe est envoyée à leur recherche. Par la suite, la police et l’armée se joindront aux investigations. Le campement abandonné fut découvert le 26 février par une équipe de secours. Premier fait étrange, la tente était fortement lacérée de l’intérieur. Tout le matériel, les chaussures, ainsi que la nourriture ont été laissés sur place. Les disparus ont précipitamment quitté le camp dans la nuit, pieds nus. Le périmètre est fouillé et des traces de pas mènent au bois à proximité. À la lisière de cette forêt, deux corps sont retrouvés en sous-vêtements, près d‘un pin qu’ils semblent avoir essayé d’escalader. Entre l’arbre et le campement abandonné l’équipe trouve trois autres corps. D’après leurs positions, il semblerait qu’ils aient cherché à regagner le camp au moment de leur mort. Cependant, ils n’ont retrouvé aucune trace des autres randonneurs. Trois mois après, la police peut finalement explorer un peu plus la zone, car avec le printemps, la neige a un peu fondu et apporte une meilleure visibilité.

En s’aventurant dans un ravin situé plus loin dans le bois, les enquêteurs découvrent sous quatre mètres de neige les quatre corps restants. Les cadavres ne présentent, aux premiers abords, aucun signe de lutte, mais les victimes sont en très mauvais état. L’un d’eux a le crâne fracturé, un autre le cœur perforé et les derniers des côtes brisées. Les victimes ne présentent pas de blessures externes correspondant aux fractures relevées, comme s’ils avaient été soumis à une très haute pression. Le plus troublant est que sur deux des corps, les yeux sont absents de leurs orbites et l’une des femmes a la langue arrachée. Autre fait étrange, les quatre dernières victimes retrouvées portent les vêtements des premiers corps, enfilés dans la panique. Ces derniers sont d’ailleurs fortement contaminés par des radiations.

Un mystère gelé dans le temps

Le médecin légiste chargé des autopsies affirme que les traumatismes présents sur les corps sont trop graves pour avoir été causés par des humains. Il compare la gravité des blessures à celles d’un violent accident de voiture ou encore à des ondes de choc. Un groupe de randonneurs se trouvant à 50 kilomètres la nuit du drame dit avoir vu des orbes orange dans le ciel, ce qui sera confirmé par des villageois des alentours. L’enquête officielle conclu que la cause de la tragédie fut une avalanche. Le groupe aurait tenté de fuir sans succès. Cependant, cela n’explique pas toutes les blessures et les circonstances étranges de leur décès. Les théories du complot sont alimentées par le fait qu’une base militaire russe se trouve près du Mont Otorten. Encore aujourd’hui, le mystère persiste et continue de fasciner les amateurs d’énigmes.

 

Texte Méline Egger
Image © Snopes.com