Spectrum vous propose de passer à l’écriture inclusive. Mais pourquoi ?

Chers lecteurs et chères lectrices, l’heure est solennelle ! Toute l’équipe Spectrum s’est en effet engagée à rédiger ce numéro en tenant compte des règles conformes à l’écriture épicène et inclusive. Il s’agit d’une phase test et nous attendons vos retours sur la question !

L’Histoire ou l’Homme, justement, a su délibérément infléchir la langue française vers le masculin et ce aussi en s’appropriant le « neutre ». Sans critique d’une histoire qui a su façonner bien plus que le langage, nous vous proposons ici d’établir un équilibre scriptural dans lequel les femmes seront à nouveau rendues visibles. Comparons l’importance de cette inclusivité au mot « suffrage universel » chez lequel donner une voix aux femmes ne fut pourtant pas automatique, malgré l’apparent idéal d’universalité de sa dénomination. Nous en sommes convaincus : la justesse des mots, de leur utilisation compte et impacte notre regard sur le monde.
En ôtant le statut de rôle secondaire hérité par les femmes dans notre langue, nous marquons notre intérêt pour une écriture dans laquelle chacun des sexes peut apparaître de manière équivalente et ce grâce au traitement indifférencié de ceux-ci. Car nous avons conscience de notre responsabilité sur cette thématique en tant que magazine universitaire écrit pour et par les étudiant∙e∙s.

Au plaisir de vous lire,

La rédaction francophone de Spectrum

1 comment

  1. Chère Rédaction de Spectrum,

    Lecteur occasionnel, je me permets de réagir quant à votre décision d’opter pour l’écriture dite inclusive, puisque vous nous y avez gentiment invité.

    Nouvelle dérive d’un féminisme ayant tourné à l’hystérie jusqu’au-boutiste, prônant désormais une indifférenciation des sexes en lieu et place de l’égalité sociale en faveur de laquelle a lutté le vrai féminisme.​ Polémique qui dessert les intentions d’un mouvement jadis légitime. D’où l’absurdité de comparer le « combat » pour l’écriture inclusive au combat pour le suffrage universel.

    La féminisation des métiers relève aujourd’hui du bon sens, de même que « Madame, Monsieur » ou « Chères lectrices, chers lecteurs » ne posent aucun problème de lisibilité au-delà d’une relative redondance.​ En revanche, le trait d’union ou point médian me semble illogique et illégitime, en plus de rendre la langue esthétiquement dégueulasse.

    Illogique car réduisant visuellement le féminin au simple suffixe, ce qui est peut-être pire que le masculin générique jugé sexiste. Dégueulasse à la base, mais davantage encore lorsque le féminin d’un mot consiste en autre chose qu’un simple « e » (lecteur, « youtubeur »).

    Dégueulasserie qui amène son lot de problèmes (de cohérence), comme le montrent votre « lecteur-ice-s » (p. 2) suivi par « auditeur-rice » (p. 14), ou votre « Chers » (p. 2), masculin générique passé entre les mailles du filet ou formule de politesse destinée uniquement aux lecteurs masculins (lequel cas nos amies lectrices auraient raison de s’insurger!).

    Autrement dit, oui à une écriture sans discrimination, non au massacre de la langue française par des féministes névrosées, langue qu’en tant qu’universitaires nous nous devons de préserver.

    Je conclurai en saluant votre volonté de tenir compte des remarques de vos lecteurs.

    Cordialement,

    Thomas

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