Rétrospective sur une fashion week décrite comme la plus mémorable de ces dernières années.
Du 29 septembre au 7 octobre s’est déroulée la Fashion Week de prêt-à-porter féminin dans la capitale de la mode, Paris. Il s’agit un évènement qui rassemble, à chacune de ses six éditions annuelles, des milliers de passionnés. Le tout pour un total de cent douze défilés et/ou représentations officielles, sans compter les rassemblements amateurs non répertoriés par la Fédération de la haute couture et de la mode. Répartie sur neuf jours de présentation de nouvelles collections plus impressionnantes et spectaculaires les unes que les autres, notamment avec l’incroyable défilé Yves Saint-Laurent mêlant mise en scène poétique et élégance au pied de la Tour Eiffel, cette Fashion Week restera dans les annales. Et cela non seulement pour la créativité artistique dont ont fait preuve les designers, mais aussi, et surtout, car l’événement incarne le commencement d’une nouvelle ère dans le monde de la mode tout entier.
Un vent de renouveau sur les maisons parisiennes
Cette année, certains parlent déjà de Fashion Week de la décennie, voire du siècle pour les plus enthousiastes, tant elle a marqué un tournant notable pour de nombreuses maisons de couture. En effet, les emblématiques Chanel, Jean-Paul Gautier ou encore Dior ont vu arriver à la tête de leurs directions artistiques de nouveaux stylistes. Au total ce sont huit maisons françaises qui ont accueilli des designers fraîchement décorés de leurs fonctions.
La saison entière a été frappée par de nombreux changements aux commandes des marques de luxe les plus réputées, et ce dès la Fashion Week de Milan, qui a précédée celle de Paris, du 23 septembre au lundi 29 septembre 2025. On a pu entre autres y voir les débuts de Louise Trotter à Bottega Veneta ou de Dario Vitale chez Versace. En tout, il s’agit de près d’une vingtaine de grandes maisons de couture qui ont été affectées par un changement de directeur artistique à l’issue de cette année écoulée.
Redistribution des cartes

Les arrivées les plus marquantes sont sans doute celles de Jonathan Anderson, qui a présenté sa toute première collection femme pour la Maison Dior, mettant ainsi fin au règne de Maria Grazia Chiuri après neuf années passées à diriger la maison. Chez Balenciaga, c’est Pierpaolo Piccioli, ancien directeur artistique de Valentino, qui reprend le flambeau, succédant à Demna Gvasalia. Il a depuis été la cible de vives critiques, car certains lui reprochent une trop grande coupure artistique avec son prédécesseur, tandis que d’autres, au contraire, félicitent son stylisme assumé, reconnaissant dans ses créations l’essence de Balenciaga telle que son fondateur Cristóbal Balenciaga Eizaguirre l’avait pensée à l’origine. Le créateur français Mathieu Blazy a quant à lui fait ses débuts au sein de l’iconique Maison Chanel, bousculée après des années sous la direction artistique de Karl Lagerfeld et un passage de Virginie Viard. Son arrivée était très attendue par les fans de la marque et sa collection présentée au Grand Palais a agréablement été reçue par la critique, notamment grâce au dynamisme et à la modernité des silhouettes présentées. Il est également important de mentionner Glen Martens qui a conçu sa première collection de prêt-à-porter féminin pour la Maison Margiela, après une collection haute couture présentée quelques mois auparavant qui avait déjà séduit du fait de son avant-gardisme, aspect très cohérent pour la Maison. Enfin, pour la Maison Mugler, le nouveau directeur artistique Miguel Castro Freitas, encore inconnu du grand public jusqu’alors, a débuté perpétuant l’univers fantastique de la marque.
Ce chamboulement exercé par les changements de « gatekeepers » des Maisons les plus prestigieuses note aussi bien une rupture qu’une renaissance. Il ravive également l’éternel débat quant à l’héritage des Maisons de coutures : doit-il être préservé et perpétué à tout prix ? Et comment les créateurs peuvent-ils apporter leur patte en se démarquant, sans pour autant entacher l’ADN de la marque ? Ces challenges constituent un sujet de conversation délicat dans la sphère de la mode, créant de fortes divergences entre les nostalgiques d’une époque d’antan, et ceux qui se réjouissent de voir toutes ces maisons historiques être réinventées et actualisées. Laisser la place à de nouveaux créateurs contribue grandement à l’essence même de la mode, s’inscrivant dans l’idée d’un perpétuel recommencement cyclique.
