Le bâtiment Miséricorde incarne un espace où s’articulent la création artistique et la transmission du savoir au quotidien.
L’art ne se limite pas à l’enseignement, il s’insinue dans le quotidien universitaire. Fresques et mosaïques dissimulées au regard habitué des étudiant.e.s ornent les couloirs. Leur présence témoigne d’une culture vivante suspendue dans le temps et articulée autour de la mémoire et du savoir.
Ces œuvres, fragments de l’histoire, rappellent l’importance de la transmission des connaissances et la beauté de la contemplation artistique.
Le labyrinthe du savoir

L‘entrée du bâtiment, où se situe la chapelle, mène directement à la mosaïque de Cormerod, datant du IIe siècle après J.-C. Intégrée à l’université vers 1830, cette œuvre représente un labyrinthe constitué de plusieurs circuits en spirale, menant à la figure de Thésée triomphant le minotaure. La présence de la mosaïque invite à réfléchir à l’acquisition du savoir par la mise en parallèle avec le combat de Thésée.
Les étudiant.e.s sont amené.e.s à affronter des difficultés au fil de leur parcours universitaire. Il.elle.s avancent dans un labyrinthe où le savoir exige un effort intellectuel pour en ressortir vainqueur, au risque de se perdre en chemin.
Une fois l’objectif atteint, l’ascension vers la connaissance se reflète par la présence de colombes, symboles de l’élévation intellectuelle, figurant sur l’œuvre.
Ainsi, la mosaïque s’inscrit pleinement dans la valorisation du savoir à travers l’art. Elle témoigne d’un vestige archéologique de l’époque romaine, reliant la mémoire du passé au présent et inscrit cet héritage dans la continuité de l’apprentissage.
L’harmonie du partage
Cette inclusion de l‘art dans la vie quotidienne des étudiant.e.s se manifeste particulièrement à travers la fresque de la cafétéria, peinte par Emilio Berreta. L’artiste représente des personnages réunis autour d’un repas, qui discutent, chantent et partagent un moment chaleureux. Par cette scène, Berreta met en lumière la dimension communautaire de la vie universitaire. L’œuvre d’art rappelle que l’acquisition du savoir se construit également dans l’échange social.
Les symboliques du savoir
Au détour des couloirs constitués de salles de cours, une mosaïque aux formes géométriques et colorées attire le regard. Réalisée par Severini Rantonnetti, elle illustre explicitement la quête du savoir à travers différents éléments symboliques.
Les objets tenus par les figures féminines traduisent les facettes de la connaissance : le livre incarne la transmission du savoir ; la balance désigne l’esprit critique par le sens de l’évaluation lié à la rigueur méthodologique ; l’épi de maïs symbolise le développement du savoir par l’idée de la croissance ; la torche met en évidence la démarche critique qui éclaire les zones d’ombre de l’ignorance ; et la couronne de laurier témoigne de la dignité académique liée à la reconnaissance du travail intellectuel.
Au centre de la mosaïque, un personnage vainc un dragon, portant un œil symbolisant l’esprit critique. Cette figure avec la présence du minotaure fait écho à la première mosaïque. Elle métaphorise l’acquisition du savoir par un combat contre l’ignorance. Le tout guidé par l’esprit critique. L’ange rappelle la dimension spirituelle de la connaissance permettant d’élever son intellect. Les figures rassemblées symbolisent la transmission du savoir à travers les générations, par l’université, constituant ainsi l’héritage intellectuel.
Le mouvement continuel
La dernière fresque, peinte par Bruno Baeriswyl, se trouve dans le hall principal du bâtiment. Des formes organiques sont représentées de manière abstraite. Le contraste entre les couleurs chaudes et sombres crée une impression de mouvement imperceptible de la figure vers un passage.
Ceci est témoigné par l’écriteau signalant « non pas une peinture murale, mais une porte de toile ». Par cette citation, l’artiste précise qu’il ne s’agit pas simplement d’une œuvre esthétique, mais qu’elle mène au seuil du savoir.
La présence de mosaïques et de fresques n’est pas anodine. Elles reflètent l’espace d’apprentissage offert par l’université qui permet de cultiver l’esprit critique et le sens du partage.
À travers les œuvres, l’héritage du passé dialogue avec le présent, témoignant de l’espérance et de la continuité du savoir transmis.
