Les Magiciens de Lev Grossman raconte l’histoire de Quentin, un adolescent de 17 ans, brillant mais solitaire, qui souffre d’un profond ennui. Son seul espoir d’une vie meilleure semble être une série de livres de fantasy racontant l’histoire de Fillory, un monde fantastique rappelant celui de Narnia. Lorsqu’il est soudain convoqué à un examen pour entrer dans une école de magie appelée Brakebills College, il est aux anges. Même lorsqu’il s’avère que l’apprentissage de la magie est terriblement difficile et complexe, il entre avec joie dans cet univers, où il se fait quelques amis, notamment une élève de son année nommée Alice, et trois de l’année au-dessus, Eliot, Janet et Josh. Au terme de leurs études à Brakebills, le groupe d’amis découvre que le monde de Fillory existe réellement et ils s’empressent de s’y rendre. Ils ont la mauvaise surprise de le découvrir bien plus sombre que dans les livres pour enfants, et leur aventure se termine de manière plutôt tragique.

Le système de magie est intéressant et original, mais il n’est que très peu exploré. L’apprentissage lui-même l’est encore moins, puisqu’il y a un saut dans le temps important, passant outre beaucoup d’exposition. En réalité, Grossman passe beaucoup plus de temps à décrire en détail les aventures sexuelles du groupe, ainsi que la quantité stupéfiante d’alcool ingérée. Les personnages principaux, à l’exception peut-être d’Alice, sont très difficiles à apprécier. En effet, ils sont puérils et égoïstes, sans pour autant être intéressants. Le personnage de Quentin ne fait pas exception : il est arrogant et ne semble pas se soucier des conséquences de ses actions.
L’écriture elle-même est inutilement graphique, que ce soit pour les scènes violentes ou sexuelles, et le terme “autiste” y est utilisé comme une insulte. L’atmosphère générale du livre est très sombre, déprimante juste pour le fait d’être déprimante, résultant en une lecture inconfortable. La promesse d’une histoire pour adultes mélangeant Narnia et Harry Potter est loin d’être tenue, du moins pour ce qui est de l’atmosphère. C’est un livre suivant des étudiants excités et déprimés, sans une once de moralité, avec une touche de magie pour un rendu plus original. En un mot : décevant.
