Du 3 mars au 29 mai 2016, le porte-étendard de la Nouvelle Vague ressuscite dans les salles obscures de la Fondation APCd, sur l’ancien site d’Ilford à Marly.
Quand la Cinémathèque Française s’invite à Marly.

Voilà déjà quelques temps que le FIFF s’est terminé et que les cinéphiles de tout poil cherchent leur dose de vieilles pellicules et de tirages argentiques ! Il existe toutefois un endroit associé au FIFF où la fête du Septième Art continue. À Marly, au centre de l’Innovation Center, se trouve la Fondation APCd d’après les galeries éponymes. Tournée vers l’Art Contemporain, la Fondation n’en a pas moins fait venir l’exposition de la Cinémathèque Française, qui avait déjà passé par Paris et Sao Paulo, dans nos contrées.

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Truffaut, Enfant sauvage du cinéma français

Si le nom de Truffaut est devenu synonyme de la Nouvelle Vague et du cinéma d’après-guerre, on en sait généralement moins sur sa vie. Or le cinéaste, dès Les Quatre Cent Coups (1959), puise dans son adolescence tumultueuse le matériau pour porter à l’écran les idées qu’il développe, d’abord comme cinéphile acharné, puis comme critique de film pour les Cahiers du Cinéma. L’exposition nous fait donc revivre l’épopée du réalisateur et de la Nouvelle Vague à travers un parcours chronologique allant des premiers écrits du réalisateur, émouvantes listes de films vus à la sauvette, à son amitié avec Hitchcock, couronnement de sa gloire internationale. Chaque période est installée dans une petite salle et introduite par un carton explicatif général. Ici, l’ancienne usine Ilford semble faire écho à ce cinéma d’après-guerre, avec ses labos en formica, ses panneaux « autorisation de fumer » et son monte-charge au plancher de bois.

Tirez sur l’éclairagiste !

(C)Mottier4Néanmoins, le charme de l’endroit est également une des faiblesses de l’exposition. Ces laboratoires assombris, qui nous projettent dans l’univers des chambres de développement, peinent à rendre justice à la qualité de certaines photos. Certains documents sont presqu’illisibles si l’on ne se colle pas à la vitrine. C’est dommage, d’autant plus que cela prive le visiteur de merveilleux témoignages de la vie et les réalisations de Truffaut.

On pourra également regretter une scénographie parfois laconique, qui se contente de tracer les très grandes lignes de force du réalisateur, là où un visiteur moins renseigné aurait probablement apprécié d’avoir quelques explications et mises en situation supplémentaires.

 

L’APCd de Truffaut

(C)Mottier5Malgré ces nuances, on ne saurait que trop recommander cette exposition aux amateurs de cinéma et aux curieux. Le prix d’entrée modique et la richesse du contenu permettront aux intéressés d’examiner de nombreuses pièces, lettres, photographies et extraits illuminant de manière touchante l’œuvre-vie de ce réalisateur disparu trop tôt. Notre souvenir préféré ? L’interview face caméra d’un Jean-Pierre Léaud de douze ans au verbe déjà bien posé et à l’allure rebelle. Le jeune garçon accompagnera Truffaut dans quatre autres films qui montreront l’évolution de son personnage, Antoine Doinel. Dans les salles obscures de l’APCd, c’est toute une époque, mais aussi toute une mentalité, un combat qui revit le temps d’une visite ; celui d’un homme qui aimait le cinéma.

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Florian Mottier


Horaires et Accès

Horaires normaux
Lu-Ma: fermé
Me-Ve: 11h-18h
Sa: 10h-17h
Di: 10h-16h
également sur rendez-vous.

Accès
Bus TPF: ligne 1 – Marly Gérine,
Arrêt: Jonction
10 minutes à pied en direction de la zone industrielle: MIC Marly Innovation Center.