Vous voulez suivre l’actualité du NIFFF, mais êtes bloqué à votre job d’été ou en vacances à l’autre bout du monde ?

A coup de boissons bien caféinées, nous vous concocterons un récapitulatif des films qui y ont été projeté durant le festival.

1er juillet

Film d'ouverture | Häxan

Häxan est un film muet suédo-danois qui retrace l’histoire de la sorcellerie à travers les âges. Divisé en sept parties, on y prend connaissance de l’imagination rocambolesque des gens vivants à l’époque médiévale et des nombreuses injustices causées entre et envers les femmes. On y apprend entre autres que tirer la langue signifiait être possédé par le diable et que les sorcières d’antan sont « aujourd’hui » (1921) diagnostiquées comme victimes d’hystérie.

häxanInédit pour l’époque, Häxan fait preuve d’ingéniosité en matière d’effets spéciaux en suggérant nudité et pulsions et en reconstituant les tortures infligées par l’Inquisition. Mais plus impressionnant encore était la qualité de la bande-son jouée en live par l’Ensemble Symphonique de Neuchâtel. Dirigés par la cheffe d’orchestre Gillian Anderson, les musiciens ont joué des morceaux connus, tels que l’ouverture de Tannhäuser de Wagner, la symphonie inachevée de Schubert et la danse macabre de Saint-Saëns.

Häxan a été diffusé en tant que film d’ouverture du NIFFF après la cérémonie qui incluait le discours émouvant de la directrice de l’Office Fédéral de la Culture Isabelle Chassot, les talents d’acteur du Conseiller d’État Alain Ribaux et le costard rose du Président de la ville de Neuchâtel Thomas Facchinetti.

Häxan

Film d’ouverture
Benjamin Christensen, SE, 1922, 104’, Witchcraft from the past
Film en entier (domaine public) : lien

 


El Vampiro Negro
Contrairement aux apparences, El Vampiro Negro n’est pas un film de blaxploitation, mais la réinterprétation argentine du classique M Le Maudit de Fritz Lang. Le « maudit » est remplacé par un vampire pour accentuer les pulsions meurtrières du protagoniste vêtu de noir.

El vampiro negroL’œuvre originale datant de 1931 et étant imprégnée par l’expressionnisme, El Vampiro Negro paru 20 ans plus tard est stylistiquement très influencé par les films noirs américains contemporains. Il en ressort une atmosphère toute autre que la version Fritz Lang, mais à notre sens autant digne de l’insigne « culte » que ce dernier. La trame a été modifiée avec de nouveaux enjeux narratifs et donne un meilleur aperçu de la psychologie du meurtrier. L’inclusion du monde de la nuit est caractéristique des films noirs et permet ici de travailler moins de personnages tout en les rendant plus identifiables que chez Fritz Lang.

Le jeu d’acteur est digne de tous les autres films de cette époque, concurrençant sans problème un Humphrey Bogart ou une ou une Grace Kelly. En ce qui concerne cependant le meurtrier, le jeu de Nathán Pinzón, quoique excellent, ne remplacera jamais l’interprétation mythique de son prédécesseur Peter Lorre.

El Vampiro Negro
Panorama El Dorado
Román Viñoly Barreto, AR, 1953, 90’, horror – gothic


 

Pride and Prejudice and Zombies

Le synopsis se lit à même le titre : les personnages d’Orgueil et Préjugés sont confrontés à une invasion de zombies. Il s’agit de l’adaptation du livre éponyme paru en 2009 qui parodie le classique de la littérature anglaise de Jane Austen. Les filles Bennet sont donc élevées non pas à la littérature, mais à l’art de combattre. Voici un film qui semble typiquement autant parler pour la gente féminine par sa romance que pour la gente masculine par sa violence.

pride-and-prejudice-and-zombies-2016-movieBien que l’idée de base soit ridiculement attrayante, le spectateur est laissé sur sa faim. Le film n’assume pas son matériau d’origine (car oui, nous l’avons lu) dont l’absurdité est complètement volontaire. Il opte davantage pour de l’action lambda et du fan-service avec des acteurs issus de Downton Abbey, Doctor Who et Game of Thrones. Les rares séquences humoristiques partent en pétard mouillé et les scènes supposément romantiques sont prévisibles au possible.

Pride and Prejudice and Zombies est à conseiller à ceux qui s’intéressent plus à la forme qu’au fond ; du pur divertissement dénué de second degré. En salles en Suisse Romande à partir du 6 juillet.

Pride and Prejudice and Zombies
Ultra Movies
Burr Steers, US/UK, 2016, 107’, horror victorian style


Clarisse Aeschlimann

Plus d’infos sur le site du NIFFF