C’est décidé : en 2022, j’arrête les filtres Instagram !

Ras-le-bol des standards de beauté « truqués » des réseaux sociaux, les instagrameur.se.s appellent au boycott des filtres « esthétiques ». Spectrum décrypte les mouvements à suivre sur Instagram !

 

Nez affiné, yeux translucides et lèvres repulpées, quelques clics suffisent désormais à effacer ses imperfections. Alors que la presse attisait déjà les complexes de ses lecteur.rice.s, il suffit désormais de déverrouiller son téléphone pour crouler sous le flot de photos retouchées.

Quand Instagram favorise les troubles de l’image corporelle

Les injonctions de beauté et de perfection ne sont pas une problématique récente, pourtant Instagram est venu démocratiser une certaine standardisation esthétique. Simple plateforme de partage de photos à ses débuts, l’application est désormais devenue le lieu d’échange de milliards de personnes qui partagent leurs moindres faits et gestes très souvent à l’aide de filtres esthétiques qui présentent une image faussée d’eux-mêmes. Entre le désir de présenter un soi authentique et celui d’afficher une version idéalisée aux traits plus avantageux, l’utilisation de filtres esthétiques peut exacerber un véritable mal-être. Pourtant, s’il semble difficile d’échapper aux diktats de la beauté, sur Instagram de plus en plus d’utilisateur.rice.s ont décidé de tordre le cou à ces habitudes néfastes.

Ras-le-bol général et Body Positivisme

Il suffit de taper Body Positivisme sur Instagram pour voir qu’un véritable mouvement est en marche ! Du  #BoycottFilters au #StopFilters, en passant par le #Filterdrop, les influenceur.se.s dénoncent les effets néfastes de ces filtres et appellent les utilisateurs et les utilisatrices à se défaire de l’injonction de la perfection. Iels postent alors des photos d’eux.elles au naturel accompagnées de messages bienveillants appelant à l’acceptation de soi et à la normalisation de standards de beauté plus réalistes.

Une libération de la parole sous forme de hashtag

On pense notamment au mouvement #OnVeutDuVrai, initié par My Better Self sur Instagram, de son vrai nom Louise Aubery. A travers celui-ci, l’influenceuse dénonce le body shaming sur les réseaux sociaux en recueillant les témoignages d’autres jeunes femmes qui osent montrer leur beauté naturelle et sans retouche. Depuis, de nombreux.ses influenceur.se.s ont rejoint My Better Self dans son combat contre la perfection. Parmi ceux-ci, on retrouve le hashtag #EnleveTonFiltre, derrière lequel se trouve Julie, plus connue sous le pseudonyme Douze Février sur Instagram. Brûlée au troisième degré sur 40% du corps après un grave accident, la body activist poste des photos d’elle, parle de son histoire et appelle à l’acceptation de soi.

En juin 2020, c’était le mouvement #Filterdrop qui avait fait parler de lui. A l’origine de ce dernier, Sasha Pallari, make-up artist et mannequin anglaise, avait alors publié une vidéo qui a suscité un véritable engouement. On y retrouve de nombreux témoignages où beaucoup avouent ne pas réaliser jusqu’à quel point il‧elle·s étaient attaché·e·s aux filtres jusqu’à ce qu’on leur demande de ne pas les utiliser. Depuis, les influenceur.se.s cosmétiques au Royaume-Uni ne peuvent plus utiliser de filtres Instagram pour leurs publicités ou autres collaborations avec des marques de cosmétiques.

Mouvement libérateur ou slogan commercial ?

Depuis quelque temps, les utilisateur.rice.s ne sont plus les seu.l.es à bénéficier de l’impact du mouvement puisque ce sont désormais différentes marques et enseignes qui se sont affichées comme étant body positive: simple coup marketing ou réel souci d’inclusivité ? Certain.e.s utilisateur.rice.s se méfient de la posture adoptée par ces entreprises et redoutent une tentative éphémère de profiter d’une tendance amenée à disparaître d’ici quelques mois. Du côté des enseignes, l’impact économique de telles opérations est notable puisque la plupart des marques affichent un chiffre d’affaires supérieur à 20% depuis le début de leurs campagnes body positive. Toutefois, il reste important de souligner que les publicités inclusives ont, depuis, amélioré la perception qu’ont les consommateur.rice.s de leur corps. Femmes et hommes ronds, seniors, personnes souffrant d’un handicap et personnes racisées sont bien plus représentés dans le monde médiatique et cette inclusivité fait du bien !

Pour rompre avec ce regard stéréotypé de la beauté, voici 5 comptes qui prônent le body positivisme sur Instagram : @mybetterself, @coucoulesgirls, @douzefevrier, @elly_killeuse ou encore et @studiomucci.