Le collectif Stop la Hausse Fribourg tenait sa deuxième assemblée générale ce mardi à Miséricorde. Suite à l’annonce de la hausse des taxes, organiser la résistance active était à l’ordre du jour.

Le 7 novembre dernier, le Conseil d’Etat fribourgeois adoptait l’ordonnance sur la hausse du montant de la taxe d’inscription à l’Université de Fribourg. Les étudiants y voyaient leur tarif semestriel augmenter de 33.33%. Les doctorants y apprenaient quant à eux l’introduction d’une taxe, inédite, à leur endroit. En résultait une importante mobilisation estudiantine, indignée par des mesures budgétaires jugées incompatibles à une vision politique à long terme : L’AGEF, puis le collectif « Stop la hausse », créé pour l’occasion, prenaient alors officiellement position contre la décision du Conseil d’Etat. Et contre le rectorat Astrid Epiney, en partie responsable de cette décision. Soutenus également par le Syndicat des Services Publics (SSP), ils tenaient mardi dernier leur deuxième assemblée générale, au sein même de Miséricorde. A l’ordre du jour : réitérer leurs convictions fondamentales, et organiser la résistance active.

Ambiance de Grand Soir

Ambiance de Grand Soir à l’auditoire B de Miséricorde. En ce mardi soir de fin novembre, quelques 130 étudiants sont venus assister ou prendre part au débat qui selon eux s’impose : quelles formes d’actions adopter à l’encontre d’une décision jugée à la fois injuste, injustifiée et injustifiable ? Plusieurs membres du collectif prennent successivement la parole, afin de réitérer leurs convictions fondamentales, qui se veulent celles de tous les étudiants. Et cette volonté transparaît dans un débat qui s’annonce ouvert. Les idées fusent des gradins, et les propositions sont récoltées par les étudiants investis dans le collectif.

« La rencontre infructueuse avec le rectorat nous aura au moins renseigné sur sa position idéologique »

– Caroline Muñoz

 

Pour s’assurer de l’efficacité des actions, nous sommes priés de ne pas en rapporter ici la teneur exacte. Mais les grandes lignes sont claires : il s’agit de ne céder aucun terrain au monde économico-politique, en s’activant, par exemple, à s’arroger le soutien des élus, de gauche comme de droite. L’évocation du mandat, signé par certains d’entre eux (majoritairement de gauche, il est vrai) donne de l’espoir à une assistance frémissante. La délégation estudiantine, partie le matin même à la rencontre du rectorat, revient quant à elle bredouille : celui-ci ne changera pas sa position vis-à-vis de la hausse. Il ne commandera pas, a priori, l’étude d’impact de cette dernière sur le canton, réclamée par la délégation. Rencontre peut-être infructueuse, mais qui aura renseigné sur la position idéologique du rectorat, selon Caroline Muñoz, membre du collectif.

« Il faut changer les conditions de possibilité de la prise d’une telle décision, pas seulement pour nous, mais pour les générations futures »

– Un étudiant

Il s’agit donc pour eux, et ce dès aujourd’hui, de freiner cet engrenage néolibéral. Comment ? Pour l’instant, le collectif enjoint les étudiants à ajouter leur force vive à la bataille. A s’investir intensément jusqu’en décembre au moins. Le rythme est donné : d’ici-là, il devrait y avoir une assemblée générale par semaine. La prochaine aura lieu mardi prochain 28 novembre, vraisemblablement au même endroit et à la même heure (19.30, Auditoire B, à Miséricorde). L’exclamation d’un étudiant traduit bien la volonté collective d’un changement systémique, en profondeur : « Il faut changer les conditions de possibilité de la prise d’une telle décision, pas seulement pour nous, mais pour les générations futures ». Cela implique une lutte de longue haleine, dépassant les enjeux actuels. De créer un « rapport de force », pour reprendre les mots de la représentante du SSP, présente en ce jour. En fondant une véritable conscience de la « classe estudiantine » ?

Crédits Photos : Cerise Drompt