« De Gauche à Droite », c’est la série politique de Spectrum! Retrouvez toutes les deux semaines l’interview expresse de deux jeunes membres de partis politiques, en partant des plus à gauche pour arriver aux plus à droite!

Parti Suisse du Travail – Parti Ouvrier et Populaire (POP)

Maxime Rotzetter âgé de 26 ans est actuellement membre du comité de section des Jeunes POP Fribourg (Jeunes Parti Ouvrier et Populaire Fribourg).

Pourquoi s’être lancé en politique ?
Mon éveil politique s’est fait simultanément avec un éveil philosophique. Grâce à ma mère qui me donna à lire mon premier livre de philosophie, l’idée que nous pouvions changer le monde germa en moi. Je me suis très vite considéré comme anarchiste. Ce mot est mal compris et il faut le différencier du terme d’anomie : si l’anomie signifie l’absence de loi, l’anarchisme prône l’absence de maîtres qui décident pour les autres. Mon cursus universitaire de philosophie m’a aidé à diversifier mes connaissances qui m’ont amené à considérer d’autres voies de luttes que la révolution qui n’est pas encore prête à advenir. Intéressé depuis toujours par les utopies où les humains s’entraident au lieu de s’entredéchirer comme le communisme, j’ai finalement décidé de rejoindre le POP. Si je souhaite un changement de société radical, je me dois d’essayer de me saisir de tous les moyens à ma disposition pour participer au changement.

Comment décririez-vous votre parti politique et pourquoi l’avez-vous choisi ?
C’est un parti qui a pour premier objectif la lutte des classes. Nous défendons avant tout les travailleurs et travailleuses, ouvriers comme apprentis qui sont l’essence même de la société. Nous avons à cœur une justice sociale et écologique, ainsi qu’une répartition des richesses équitables. Chacun devrait donner ce qu’il peut donner, chacun devrait prendre que ce qui lui est nécessaire.

Le POP est le parti le plus à gauche que j’ai pu trouver. Je me reconnais dans la plupart de ses idéaux, nous débattons et les critiques sont les bienvenues parce que nous comprenons que de la dialectique de nos avis émergera une vérité qui nous unie. J’y ai trouvé une organisation jeune et dynamique qui m’a motivé à m’engager toujours plus.

Quelles sont les valeurs ou les thématiques phares qui vous tiennent personnellement à cœur ?
Je défends l’idée d’une société qui serait dirigée seulement par la démocratie directe. Un monde dans lequel chaque décision serait votée et discutées par tous et toutes, sans distinctions d’ethnie, sexualité, religion ou classe sociale puisqu’il n’y aurait plus de classes. Chaque entreprise ferait voter ses employés pour chaque point de son règlement et élirait sa hiérarchie. Ce qui me tient à cœur, c’est le renversement des personnes au pouvoir qui exploitent les travailleurs et détruisent les écosystèmes.

Quel est l’avantage de votre parti ? Et comment le décririez-vous ?
Notre parti n’a pas peur d’être radical. Nous nous engageons localement et internationalement avec d’autres groupes communistes et écologiques. Nous cherchons à tisser des liens avec de multiples associations pour soutenir un maximum de luttes et créer un front commun pour la justice sociale et écologique. C’est un parti qui accueille tout le monde, respecte les convictions de chacun et encourage le débat.

Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à se lancer en politique ?
Ça dépend de sa personnalité. S’iel aime lire, je lui recommanderai des livres, sinon des documentaires, je l’inciterai à participer à des associations locales sur des thèmes qui lui tiennent à cœur. Je l’inviterai à faire entendre sa voix, même s’iel n’est pas d’accord avec moi. Une des idées qui me tient le plus à cœur, c’est que la confrontation idéologique est nécessaire à une société pour avancer. Il ne faut donc pas avoir peur de contredire nos ainés ou nos représentants. Enfin, je lui dirai que s’iel ne s’intéresse pas à la politique, alors Ce seront les personnes qui l’exploitent qui feront les lois.

Un mot de la fin ?
Oser. Toujours.

La Jeunesse Socialiste

Léo Tinguely âgé de 23 ans est actuellement le président de la JSF (Jeunesse socialiste fribourgeoise) et membre du comité directeur du PSF (Parti socialiste fribourgeois).

Pourquoi s’être lancé en politique ?
J’ai toujours été intéressé par la politique. Je dirais que ça a commencé vers mes 10 ans, sans forcément en parler à la maison. Je me suis ensuite cherché en politique et mon identification à la gauche s’est faite rapidement. Un souvenir qui a joué un grand rôle dans ma politisation est la votation contre les minarets de 2009. J’avais été très touché par le résultat, mais aussi par l’ampleur de la solidarité envers la communauté musulmane qui s’en était suivie. Puis, c’est par la rencontre avec un ami, qui était fraichement membre de la JS, que j’ai rejoint la Jeunesse socialiste.

Comment décririez-vous votre parti politique et pourquoi l’avez-vous choisi ?
C’est un parti solidaire, féministe, écologique qui se bat pour le 99% de la population. Il est aussi intersectionnel, donc comprend les luttes pour les droits des LGBTQI+, le féminisme, les luttes climatiques, antiracistes et pour une meilleure redistribution des richesses. Il reconnaît une multitude d’oppressions et donc de luttes.

J’ai un fort sens de la justice et par conséquent aussi une sensibilité à l’injustice. De par son intersectionnalité et sa solidarité, la JS est proche de mes valeurs.

Quelles sont les valeurs ou les thématiques phares qui vous tiennent personnellement à cœur ?
Si je devais en choisir une, ça serait la crise climatique, car c’est le plus grand défi qui nous attend. Mais il est important pour moi de mener une écologie sociale et solidaire. Cela passe par la refonte complète de notre système économique comme de profonds changements dans nos modes de vie. Pour moi il faut aller au-delà de la responsabilité individuelle, car c’est la place financière qui pollue 22 fois plus que les individus eux-mêmes.

Quel est l’avantage de votre parti ? Et comment le décririez-vous ?
Notre parti est militant. Il tient compte de ce qui se passe dans la société, des mouvements sociaux comme Black Lives Matter par exemple et toutes les luttes sociales qui animent la société dans son ensemble. La Jeunesse socialiste veut créer une société meilleure, pour ça elle est résolument tournée vers le changement en plaçant l’humain et l’environnement en son centre.

Que diriez-vous à quelqu’un qui hésite à se lancer en politique ?
S’iel ne le fait pas, c’est les autres qui le feront à sa place. Actuellement en politique, c’est une majorité d’hommes blancs, passablement âgés et plutôt de droite qui prennent les décisions, il est donc important de contrebalancer cela. Ce n’est que collectivement qu’on amènera le changement.

Un mot de la fin ?
Solidarité, évidemment !

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