Danse, chants, costumes et sketches, le 24 février dernier s’est tenue la 51e cérémonie des César animée par Benjamin Lavernhe à l’Olympia à Paris.

Benjamin Lavernhe, une comédie musicale.

Tout droit venu de la Comédie-Française, on a également pu le voir sur grand écran dans En Fanfare, aux côtés de Pierre Lottin qui s’est vu attribuer le prix de meilleur acteur dans un second rôle. En véritable caméléon et en parallèle de sa préparation pour les César, Benjamin Lavernhe se préparait pour jouer Le Cid, actuellement au Théâtre Porte Saint-Martin à Paris. Malgré son emploi du temps chargé, le comédien n’a pu refuser l’offre unique de présenter cette soirée quand il a appris que son idole, Jim Carrey, serait l’invité et qu’il lui remettrait un César d’honneur. Avant la cérémonie, Benjamin avait déjà animé une série de vidéos publiées sur les réseaux sociaux, dans lesquelles il montrait de manière humoristique son admiration pour l’acteur canadien.

Il chante, il danse, c’est le premier à animer la cérémonie d’une telle manière.

La salle de l’Olympia remplie du cinéma français, Benjamin Lavernhe a prononcé un discours classe, plein de passion et d’espoir pour le métier, sur les planches comme à l’écran et a évoqué des souvenirs de la projection de The Mask quand il avait dix ans, plein d’émotion. Il a enfilé un ensemble jaune et la folie, tout comme dans le film, l’a pris. Il s’est emparé de cette grandeur too much à la Jim Carrey que l’on connaît tous. Ce qui détonne avec la personne plutôt calme que le public pensait qu’il était.

Ouverture de la cérémonie par Benjamin Lavernhe

Et le César est attribué à…

Une dizaine d’acteurs et de comédiens ont été invités à remettre des César, tout en faisant un discours, une danse ou un petit sketch. Pauline Clément et Marin Hands, amies de la Comédie- Française, ont annoncé la récompense du meilleur costume tout en portant des robes de plus de cent ans et en bloquant la traine, si bien qu’elle s’est déchirée. Alexandra Lamy et Pierre Lottin sont arrivés en danse et en musique, posant sous les caméras, pour annoncer la récompense de la meilleure photo. Malik Frikah, qu’on a pu découvrir dans L’amour ouf l’an dernier, a ironisé sur sa grande expérience de plus d’un an du haut de ses dix-neuf ans. La présidente Camille Cottin a prononcé son discours en se référant, munie de ses lunettes de pilote, au président de la République. Pour la récompense de la meilleure musique originale, Matthieu Chedid est venu sur scène interpréter un medley des grandes bandes originales de films comme celles d’Amélie Poulain, du Professionnel, des Demoiselles de Cherbourg ou encore de La Cité de la peur et Benjamin, décomplexé, l’a accompagné. Puis, dans une scénette ayant besoin de trouver quelqu’un à la dernière minute, le maître de cérémonie a fait venir Manu Payet qui jouait au théâtre d’à côté. Ce dernier, tout en se rendant sur scène, s’est permis toutes sortes de critiques sur le cinéma et les acteurs, sans comprendre qu’il était en direct. Ila toutefois tenté de se rattraper une fois devant eux. Isabelle Adjani, après un discours sérieux, a remis à Laurent Lafitte sont premier César pour le meilleur acteur dans le film, La femme la plus riche du monde, aux côtés d’Isabelle Huppert. Et puis Léa Drucker s’est vu remettre le titre de meilleure actrice pour la deuxième fois par Jean Dujardin. Elle rejoint alors les autres grandes doublement récompensées comme Romy Schneider ou Catherine Deneuve.

Les discours

À la remise de leurs César, chaque acteur.trice prononce quelques mots, soigneusement écrits à l’avance ou plus brièvement improvisés. Les discours, avant que la petite musique ne retentisse, étaient remplis de piques subtiles lancées au public, à la politique et aux références des années passées. Franck Dubosc s’est vu remettre le César du meilleur scénario original pour son film Un ours dans le Jura, après avoir gagné son Césario l’an dernier, mini César remporté dans la catégorie de ceux qui n’en avaient jamais remportés.

Hommage et rencontre

La salle a ensuite pris un moment pour rendre hommage à la grandiose Brigitte Bardot, marquant l’importance de sa carrière et de ses répliques devenues cultes. Le maître de cérémonie avait également fait venir la voix française de Jim Carrey, que nous francophones connaissons tous, Emmanuel Curtil, mais que ce dernier n’avait jamais rencontré en personne.

César d’honneur

Puis est venu le moment de remettre à Jim Carrey son César d’honneur. Camille Cottin souligna à quel point son expressivité nous a tous touchés et comment on s’est attaché aux personnages qu’il a incarnés. Après une diffusion touchante de ces rôles les plus marquants, Camille et Benjamin lui ont remis sa récompense et il a prononcé un discours épatant, sans notes et entièrement en français.

Multitâche et prodige tous domaines, l’artiste de la comédie française capable de se transformer en Jim Carrey

Benjamin Lavernhe a l’allure plutôt réservée, mais a tout d’un véritable acteur. Il n’a pas eu peur de se mettre en scène et d’emprunter les mimiques de son idole. De quoi, après cette soirée riche en émotions et en fascination, mettre la barre haute pour l’équipe de l’année prochaine…

La cérémonie s’est conclue sur la célèbre phrase du film Truman Show ; « In case I don’t see ya, good afternoon, good evening and good night! » (« Au cas où on ne se reverrait pas d’ici là, je vous souhaite une bonne après-midi, une excellente soirée et une bonne nuit ! »), un hug tant t’attendu entre les deux stars de la soirée et la traditionnelle photo de famille.

Texte : Chloé Geinoz

Image : Paris Match Belgique