Après cinq ans de travaux, la Bibliothèque Cantonale Universitaire (BCU) de Fribourg a enfin dévoilé son (nouveau) visage le 1er septembre. Angélique Boschung, directrice depuis 2020, nous raconte les coulisses d’un déménagement hors du commun.

Une nouveauté pour certains, un souvenir retrouvé pour d’autres, la Bibliothèque Cantonale Universitaire (BCU) de Fribourg a réouvert ses portes dans ses anciens locaux à la Rue St-Michel. La restructuration du bâtiment étant prévue depuis longtemps (du concours architectural en 2009, à la votation populaire en 2018). En raison de problèmes de structure architecturale du bâtiment, l’institution s’est vue dans l’obligation d’accélérer le déménagement en 2020. Quelques jours précédant l’ouverture, Angélique Boschung, directrice depuis 2020, a partagé avec nous les coulisses de l’énorme travail qui a rythmé le quotidien de l’équipe ces dernières années.
Un colossal travail d’organisation et de planification

Pour permettre la rénovation totale et l’agrandissement des anciens locaux de St-Michel, l’entièreté du bâtiment a été vidée. Au site de Beauregard se trouvait alors le service au public et le patrimoine. À Villars-sur-Glâne, les locaux de Polytype ont accueilli la direction, l’administration et le « back office ». Un centre de stockage à Romont, d’où partaient les navettes avec les commandes à distance vers Beauregard, accueillait les collections.
Au total, 6,6 millions de documents (dont 2,6 millions d’imprimés) ont été transférés à Romont en 2020, ce qui a nécessité plus de 1’000 camions de transport, d’où l’importance de l’aspect d’organisation et de planification en amont. En effet, « chaque document avait déjà son endroit prévu » explique la directrice. Ce travail a été réalisé par des personnes « très compétentes et organisées, qui connaissent l’institution, les collections, le projet à venir et qui ont participé à sa conception » ajoute la directrice. « Si la direction a joué un rôle d’orchestre, 120 personnes travaillent actuellement à la BCU, mais toutes n’ont pas été mobilisées en permanence sur le déménagement. Par ailleurs, nous avons fait appel à des entreprises spécialisées ».
Le public au premier plan
La nouvelle bibliothèque a été entièrement pensée par rapport à l’accueil des différents publics. 800 places de lecture et de travail sont mises à disposition. Entre espaces de travail en groupe, places individuelles et salle de lecture, le personnel a veillé à répondre à toutes les modalités de lecture possibles. La bibliothèque se transforme en un « troisième lieu » : un établissement à vocation sociale, favorisant les liens entre l’Université et la cité, tout comme une rencontre intergénérationnelle. Un café agrémente aussi les pauses de travail, tout en favorisant le dialogue. À côté de ce chantier architectural, « un énorme chantier sur les collections a porté à la sélection de 200’000 livres parmi nos 2,6 millions de documents imprimés, pour les mettre en libre accès ».

Un moment de fortes émotions

Beaucoup d’émotions surgissent peu avant l’ouverture. Madame Boschung nous parle de fierté par rapport au travail accompli, d’impatience par rapport au fait de voir enfin le public arriver, et avec, voir finalement la bibliothèque prendre vie. Et puis de la reconnaissance envers ses collaboratrices et collaborateurs, par rapport à tout ce qui a été réalisé.
Elle conclut en disant : « j’invite tous les étudiantes et étudiants à venir à la BCU. Je me réjouis de trouver ce public-là aussi ».
Texte : Tanimara Sartori
Photos : BCU/voir légendes
