Le 1er avril 2026, le véhicule spatial Orion (nommé Integrity par son équipage) est lancé depuis le Kennedy Space Center, en Floride.
C’est la première mission spatiale habitée hors de l’orbite terrestre basse depuis Apollo 17 en 1972. Les missions habitées ne dépassent généralement pas cette orbite, qui est encore protégé par le champ magnétique terrestre. C’est là, par exemple, que se trouve la Station spatiale internationale.
Un groupe hétérogène – mais soudé
À bord, quatre membres d’équipage : le commandant Reid Wiseman, le pilote Victor Glover et les spécialistes de mission Christina Koch et Jeremy Hansen. Ces astronautes se sont préparés pour la mission Artemis II depuis 2023. Il s’agit d’un groupe assez varié, comparé aux missions d’Apollo : chacun.e est pionnier.ère d’une manière ou d’une autre. Koch est la première femme à faire le tour de la Lune ; Glover, la première personne de couleur ; Hansen, le premier non-américain, et Wiseman, le plus âgé. Dévoilé en 2023, cet équipage s’est entraîné pendant près de trois ans ; et bien qu’un tel voyage demande en effet une préparation intensive, le départ a été retardé de nombreuses fois, dû à des problèmes techniques.
Christina Koch, en plus d’être la première femme en orbite lunaire, est également le membre le plus expérimenté de l’équipage : en effet, elle a déjà participé à une mission spatiale sur une durée de onze mois durant laquelle elle a effectué de multiples sorties extravéhiculaires. En tant que spécialiste de mission, elle et son collègue Jeremy Hansen devaient être prêts à assumer le rôle de pilote ou de commandant si nécessaire.
Parti.e.s faire un tour
Une fois en haute orbite terrestre, le véhicule spatial s’est détaché de la fusée qui l’avait propulsé jusque-là et l’équipage en a pris le contrôle. Ils sont restés un jour en haute orbite avant de prendre la direction de la Lune. Ils.elles sont ensuite passé.e.s derrière la Lune, perdant le contact avec la Terre pendant une quarantaine de minutes et battant le record de la plus grande distance parcourue par des êtres humains depuis la Terre.
Durant ces neuf jours, de fréquentes diffusions en direct ont permis à la population de suivre le déroulement de l’aventure. Les intéressé.e.s ont pu assister à divers interviews, ainsi qu’aux moments forts et banals de la mission.

Pour toujours dans le ciel
Lors de leur étude de la surface de la Lune, les astronautes ont décidé de nommer deux cratères : Integrity, en honneur à leur véhicule spatial, et Carroll. Ce dernier a donné lieu à un moment particulièrement émouvant, puisqu’il s’agit du nom de la feue épouse de Wiseman, décédée en 2020 d’un cancer.
Il y a plusieurs années, nous avons débuté notre aventure au sein de notre famille d’astronaute très soudée, et nous avons perdu un être cher. Il y a un cratère situé à un endroit vraiment intéressant sur la Lune, précisément à la frontière entre la face visible et la face cachée. En fait, il est juste à côté de cette frontière, et donc à certains moments de l’orbite de la Lune, vous pourrez le voir depuis la Terre. Cet être cher que nous avons perdu se nommait Carroll. C’était l’épouse de Reid, la mère de Katie et Ellie. Et si vous regardez Glushko, puis juste au nord-ouest de là, à la même latitude qu’Ohm, vous voyez ce cratère comme une tache lumineuse sur la Lune. Nous aimerions l’appeler Carroll. , explique Hansen.
Le centre de mission de contrôle a observé un silence respectueux tandis que l’équipage partageait une étreinte émotionnelle.
Impact (dans la mer et les esprits)
Des milliers de personnes ont regardé l’atterrissage d’Integrity en direct, priant pour que leur retour se fasse en toute sécurité. Heureusement, tout s’est passé comme prévu : de grands parachutes se sont déployés depuis la capsule, qui a atterri dans l’eau, et l’équipe de sauvetage a retrouvé les quatre astronautes en parfaite santé.
Sur les réseaux sociaux, durant et après le voyage, un grand nombre de personnes ont exprimé ce que cette mission représentait pour eux.elles : un espoir pour l’humanité, pour de nouvelles explorations spatiales – plus lointaines et ouvertes à une plus grande variété de gens. Beaucoup ont trouvé un certain réconfort en suivant cette aventure depuis chez eux, et dans le fait qu’au fond, ces astronautes étaient juste comme nous tous.
