Du 20 au 29 mars 2026, Fribourg a été l’hôte de deux festivals, le Festival International du Film de Fribourg (FIFF) et le Festival Histoire et Cité. Ce dernier, débuté à Genève en 2014 à l’initiative de la Maison de la Culture (Centre interfacultaire de l’Université de Genève), représente aujourd’hui le plus grand festival d’histoire de Suisse romande.

Cette année, l’édition a aussi pris place dans la ville de Fribourg à travers plusieurs événements où des historien.ne.s ont partagé leurs connaissances autour de la thématique de la magie (« Comme par magie »). De nombreux événements ont abordé des thèmes tels que la chasse aux sorcières, les mythes et les croyances liés à divers objets (pierres, prières et aux différentes étapes de la vie). Parmi cette multitude d’événements, j’ai décidé de partager avec vous deux tables rondes, à mi-chemin entre la magie et les festivals de cinéma, concernant les coulisses de deux importants festivals de film de Suisse. 2026 signe en effet deux anniversaires importants. Nés à quarante ans d’intervalle, le Festival fribourgeois a fêté cette année ses quarante ans d’existence, tandis qu’en août, Locarno accueillera la quatre-vingtième édition de sa propre manifestation.

Le FIFF et une tente

Lundi 23 mars s’est tenue à l’Arena Cinemas la table ronde « La magie des lieux : le FIFF et ses débuts à Fribourg », modérée par Cyril Cordoba et Lucia Leoni, enseignants à UniDisance, historien et historienne, et spécialistes de l’histoire du cinéma en Suisse. Ils ont interviewé trois personnes qui ont plongé le public dans les coulisses des débuts du FIFF : Martial Knaebel, l’un des fondateurs de trigon-film, du FIFF, ainsi que directeur de ce dernier (1990-2007), Agnès Jubin, ancienne bénévole du FIFF et secrétaire générale de Frères sans frontières (devenu E-CHANGER, 1990-2007), et Charls Ridoré, ex-président du FIFF (1999-2003) et chef du secrétariat romand de l’Action de Carême (1988-2007).

Le FIFF a vu le jour en 1980 à l’initiative de Magda Bossy, secrétaire romande d’Helvetas, et d’Yvan Stern, journaliste passionné par le septième art. Dans une perspective tiers-mondiste, l’objectif est de présenter des films qui montrent au public la vie d’ailleurs. À l’époque, cet événement ne ressemblait pas à celui que l’on connaît aujourd’hui. Les premières éditions se sont déroulées dans certaines salles paroissiales de la ville, avant de s’installer au REX à partir de la seconde moitié des années 80. Sur le plan logistique, faire parvenir des copies des films (pellicules 35 mm), obtenir les visas pour les réalisateurs, mais aussi la logistique représentaient des défis de taille. Enfin, si cette année les soirées festives se sont déroulée dans la nouvelle structure en bois « Nomad Wood Nest », aux débuts, la fête se faisait sous une tente qui représentait presque une personne pour Charles Ridoré, et là où les meilleures discussions avaient lieu.

Piazza Grande dans le temps

Jeudi 26 mars s’est tenue au Nouveau Monde la table ronde « Les festivals de cinéma : des coulisses aux feux des projecteurs », modérée par Cyril Cordoba et par Joséphine Métraux, historienne de formation, médiatrice culturelle et fondatrice de l’atelier métraux.

Ce deuxième rendez-vous nous a permis de découvrir le projet « piazza nostra ». Il est né d’une double volonté : aller au-delà d’un récit classique et changer la façon dont les festivals sont perçus. Entre 2024 et 2026, le projet a permis de rassembler une cinquantaine d’entretiens filmés, de photographies, de vidéos et de lettres. Le travail a été présenté lors de l’édition 2025 du festival tessinois, au Théâtre Paravento de Locarno, et fera l’objet d’une exposition lors de sa prochaine édition en août 2026. Différentes personnalités tessinoises et transalpines ont été interviewées et ont partagé leurs anecdotes et souvenirs liés au festival. Ce projet trouvera une prolongation dans un nouveau projet visant à récolter des témoignages liés au FIFF.

Texte : Tanimara Sartori