Pour fêter ses 10 ans d’existence, la société des officiers de l’Université de Fribourg (Of@UniFR) organise une soirée de gala le samedi 8 avril prochain. L’occasion de revenir sur cette association qui souhaite s’ouvrir davantage aux étudiants. Rencontre avec le président de l’association, Stéphane Kowalski et le vice-président, Maurice Ruckstuhl.

Même si elle se fait discrète, la société des officiers de l’Université de Fribourg s’est établi durablement depuis 10 ans. Elle compte à ce jour plus de 180 personnes, pour une huitantaine de membres actifs ; des officiers étudiants bien sûr, mais aussi des professeurs, et des alumnis.

« L’idée est d’inviter nos membres mais aussi tous les étudiants de l’université. […]

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-Stéphane Kowalski

La plupart d’entre eux se réuniront le samedi 8 avril à la Grand-Rue 14 à Fribourg pour une soirée de gala. La célébration qui commencera dès 16h30 est ouverte à tous les étudiants. Seule restriction, porter une tenue de gala. « L’idée est d’inviter nos membres mais aussi tous les étudiants de l’université. Nous voulons montrer que nous ne sommes pas une association élitiste. Bien qu’il faille être officier pour intégrer notre société, nos événements sont ouverts à tous », nous confie Stéphane Kowalski, président de l’association. C’est aussi le cas des séances de tirs d’introduction qui sont organisées au fil de l’année et qui permettent aux étudiants qui n’ont jamais tiré d’avoir une instruction. « Je sais que certains ne sont pas d’accord avec ce projet, mais c’est le tir en tant que sport que nous présentons », nous assure-t-il.

« La plupart des étudiants ont l’impression que l’armée, ça te prend du temps et ça sert à rien. […]»

-Stéphane Kowalski

D’autre part, cette volonté d’ouverture part également du sentiment que l’image de l’armée n’est pas vraiment positive au sein du milieu universitaire. « La plupart des étudiants ont l’impression que l’armée, ça te prend du temps et ça sert à rien. Le nombre de débats que j’ai eu avec des étudiants en est la preuve », admet l’étudiant en droit. Et le vice-président, Maurice Ruckstuhl de rajouter : « on n’a jamais eu de problèmes avec les étudiants, le fait d’en discuter est normal mais d’une manière générale, nous sommes bien acceptés non seulement par les étudiants mais aussi par le Rectorat ».

 

Mais en fait, pourquoi des militaires se réunissent-ils à l’université ? Dans son dernier bulletin, la société assure, en effet, vouloir « offrir la possibilité aux étudiants de prendre conscience de l’importance de l’Armée Suisse ». L’université est-il un lieu adéquat pour défendre les intérêts de l’armée nationale ?

« L’armée permet, elle, d’être proche du citoyen. Elle s’efforce d’assurer la sécurité et le soutien de la population suisse, et pas seulement en cas de guerre comme on se l’imagine souvent.»

-Stéphane Kowalski

Stéphane Kowalski en est convaincu de l’utilité : « J’ai parfois l’impression que les étudiants sont loin des catastrophes, que ce soit un éboulement de terrain ou une attaque terroriste. Engager des privés pour rétablir une situation extrême et garantir une sécurité couterait beaucoup trop cher et le nombre ne serait pas suffisant. L’armée permet, elle, d’être proche du citoyen. Elle s’efforce d’assurer la sécurité et le soutien de la population suisse, et pas seulement en cas de guerre comme on se l’imagine souvent. Par exemple, chaque année lors du World Economic Forum (WEF), la sécurité principale est assurée par l’armée. La police, seule, n’y arriverait pas. Mais les militaires sont aussi déployés pour d’autre événements comme la Fête fédérale de la lutte suisse ou des manifestations de ski ».

Ainsi, l’Of@UniFR espère sensibiliser les étudiants à travers différentes conférences axées sur la défense et la sécurité. Par exemple, la conférence « Politique criminelle et effets concrets » par Fabien Gasser au début du mois de mars dernier ou « Etat des conflits dans le monde » par Alexandre Vautravers en 2015. Pour la prochaine conférence, le président souhaite inviter le colonel Marco Bezzola qui a notamment travaillé plusieurs années pour les Nations unies. Affaire à suivre…

Enfin, si on demande une anecdote de sa vie militaire à Stéphane Kowalski, le premier lieutenant nous fait part d’un souvenir le sourire aux lèvres : « Lors de la manifestation Air14, nous étions mobilisés pour aider à l’organisation. Un matin, un soldat me conduit en voiture à 4 heures du matin pour aller sur le lieu de fête. Il faut s’imaginer l’ambiance nocturne avec un mega silence. Je dis à mon chauffeur de s’arrêter, on sort et je lui dis : “écoute y’a pas un bruit, c’est le calme absolu. Tu penseras à cet instant pendant la journée parce que ce sera le seul moment calme de ta journée”. On est rentré à 23h30 après une dure journée, on se recroise dans les couloirs et je lui dis : “alors t’as repensé à ce matin ?”. Il me répond : “je n’ai fait que de repenser à ce matin”.